Que se passerait-il si une personne, un système ou un service essentiel à votre organisation devenait soudainement indisponible?
Alors que de nombreuses organisations se concentrent sur la protection contre les cyberattaques, notamment à mesure que l’intelligence artificielle transforme le paysage des menaces, elles accordent souvent moins d’attention à ce qui se passe lorsqu’un incident perturbe l’accès à une ressource essentielle à leurs activités. Qu’il s’agisse d’une cyberattaque, d’une panne de système ou d’une autre interruption, les organisations doivent être prêtes à maintenir leurs activités essentielles. La question n’est pas de savoir si un incident surviendra, mais quand.
Même un seul point faible peut avoir des répercussions importantes sur la continuité des activités. Pour renforcer leur résilience, les organisations doivent donc cerner leurs principales dépendances et mettre en place des mesures pour en limiter les répercussions.
Voici quatre points de défaillance courants et les moyens d’y remédier.
Points clés à retenir
- Identifiez les personnes, systèmes et services qui constituent des points de défaillance uniques.
- Documentez les processus essentiels et partagez les connaissances entre les employés.
- Prévoyez de la redondance pour les services essentiels, comme la connexion Internet et les sauvegardes.
- Conservez plusieurs copies de sauvegarde et testez régulièrement leur restauration.
- Préparez-vous aux pannes des services infonuagiques et des fournisseurs tiers.
Exemple 1 : Un seul administrateur
Lorsqu’une entreprise dépend d’une seule personne possédant des connaissances spécialisées sur des applications, des systèmes ou des processus essentiels, son absence peut entraîner de sérieux problèmes.
De nombreuses organisations dépendent fortement :
- de l’administrateur réseau qui a bâti l’infrastructure;
- du responsable des finances qui gère les principaux processus de production de rapports;
- du consultant TI qui gère les sauvegardes;
- de l’administrateur d’applications qui connaît les configurations des systèmes.
La question à se poser est simple : que se passe-t-il si cette personne n’est pas disponible au moment où nous avons besoin d’elle?
La clé : partager les connaissances
Pour réduire cette dépendance, les connaissances essentielles doivent être partagées plutôt que détenues par une seule personne. Documentez clairement les processus importants, les configurations des systèmes et les procédures d’accès afin que d’autres employés puissent prendre le relais au besoin. La formation polyvalente offre une protection supplémentaire en permettant à plusieurs personnes de maîtriser les tâches et systèmes essentiels.
Prévoyez également des procédures sécurisées d’accès d’urgence aux systèmes critiques et aux comptes administratifs afin de maintenir les activités lorsque la personne responsable n’est pas disponible.
Exemple 2 : Une seule connexion Internet
Une perte de connexion Internet peut entraîner la perte d’accès aux courriels, aux applications infonuagiques, aux plateformes de communication et à d’autres services essentiels.
Les organisations devraient se demander :
- Que se passe-t-il si notre principal fournisseur Internet subit une panne?
- À quelle vitesse pouvons-nous rétablir la connexion?
- Avons-nous un fournisseur secondaire?
- Les employés peuvent-ils travailler à distance si le bureau perd sa connexion?
Ayez toujours un plan B
En cas de panne, une connexion secondaire auprès d’un autre fournisseur ou reposant sur une infrastructure différente permet de maintenir l’accès aux services essentiels. Il est également possible de configurer le réseau pour qu’il passe automatiquement à la connexion de secours en cas de panne, afin de réduire au minimum les interruptions.
Il faut aussi prévoir ce qui se passe si la connexion ne peut pas être rétablie rapidement. Les employés doivent savoir comment et où poursuivre leur travail, que ce soit à distance ou temporairement à partir d’un autre emplacement.
Exemple 3 : Une seule solution de sauvegarde
Avoir des sauvegardes ne signifie pas automatiquement qu’une organisation est prête à faire face à un incident. L’environnement de sauvegarde peut lui-même devenir un point de défaillance unique.
Parmi les faiblesses courantes :
- un seul dépôt de sauvegarde;
- des sauvegardes sur le même réseau que les systèmes de production;
- l’absence de stockage immuable;
- l’absence de copie hors site ou infonuagique.
Ne vous contentez pas de sauvegarder vos données. Assurez-vous de pouvoir les restaurer.
Une stratégie de sauvegarde n’est fiable que si les données peuvent être récupérées en cas de besoin. Si un incident touche à la fois les systèmes de production et leurs sauvegardes, des données essentielles pourraient devenir inaccessibles.
La règle de sauvegarde 3-2-1-1-0 permet de réduire ce risque : trois copies des données sur deux types de supports, dont une hors site et une autre hors ligne, isolée du réseau (air gap) ou immuable. Le « 0 » représente zéro erreur lors de la vérification de la restauration, afin de confirmer que les données pourront effectivement être récupérées en cas de besoin.
Exemple 4 : Un seul fournisseur de services infonuagiques
Les services infonuagiques améliorent la flexibilité et la disponibilité, mais peuvent aussi créer de nouvelles dépendances. Par exemple :
- une panne peut toucher des applications essentielles;
- un compte peut être compromis;
- des identifiants d’accès peuvent être perdus;
- un fournisseur peut modifier ses tarifs ou ses conditions de service de façon inattendue.
Ne laissez pas tout reposer sur l’infonuagique
La résilience infonuagique commence par l’identification des processus essentiels qui dépendent de chaque fournisseur et par la mise en place d’un plan en cas d’indisponibilité. Des sauvegardes indépendantes, d’autres moyens de communication et des solutions de contournement temporaires peuvent aider à maintenir les activités pendant une panne.
Prévoyez également des procédures sécurisées d’accès d’urgence et assurez-vous que les accès administratifs essentiels ne dépendent jamais d’une seule personne.
Conclusion
La résilience organisationnelle ne consiste pas à prévenir toutes les interruptions possibles. Elle consiste à éviter qu’une seule défaillance ne paralyse l’organisation.
Commencez par vous demander : quelles sont les personnes, les systèmes ou les services sans lesquels nous ne pourrions pas fonctionner, et que se passerait-il s’ils devenaient soudainement indisponibles?
Réduisez ensuite ces dépendances grâce à la documentation, à la formation polyvalente, à la redondance, à des sauvegardes fiables et à des procédures de reprise régulièrement testées.
Tôt ou tard, un problème surviendra. La différence réside dans la capacité de votre organisation à savoir quoi faire plutôt que de devoir improviser dans l’urgence.
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